Pour notre toute première collaboration, nous avons invité l’artiste Faustine Badrichani à peindre sur nos assiettes. Huit dessins, huit assiettes, un bleu méditerranéen. Voici comment ses tableaux sont devenus des objets du quotidien.
Une rencontre
Tout a commencé à un vernissage. Nous y avons découvert les toiles de Faustine : des figures de femmes, une lumière du Sud, un univers très méditerranéen. L’envie est venue tout de suite : faire passer ce travail de la toile à la vaisselle. Faustine y pensait déjà. Elle avait peint quelques assiettes à la main et rêvait depuis longtemps des arts de la table. Pour elle, une assiette n’est pas si loin d’une feuille de papier. Les silhouettes de son exposition Do Not Disturb, présentée à New York, s’y prêtaient d’elles-mêmes. Nous partagions aussi les mêmes valeurs. Faustine s’est reconnue dans notre fabrication au Portugal, nos petites séries et notre attachement à l’artisanat. De notre côté, en tant que marque fondée par une femme, nous avions envie de mettre en lumière une femme artiste.
Le corps, l’intime, l’instant suspendu
Le travail de Faustine part du corps féminin. Elle est devenue artiste en même temps que mère, et peint ce que l’on ressent à être femme. Sur les assiettes, ses personnages sont saisis à l’abri des regards. Ils ne posent pas. Ce sont des gestes sensuels, naturels, sans jamais chercher à séduire : un nu sans nudité.

Une palette changée au dernier moment
La collection n’a pas toujours été bleue. Au départ, elle mêlait des tons chauds, de l’orange, du jaune. Puis, chacune de leur côté, Amélie, notre fondatrice, et Faustine ont douté de cette palette. Elles se le sont dit simplement, et nous avons tout recentré sur le bleu. Pour Faustine, c’était un retour aux sources : à ses débuts, elle peignait déjà des silhouettes bleues. Le résultat : huit designs en camaïeu de bleus, du plus léger au plus profond, dont notre bleu Céladon.
Son trait, pas une copie
Une question nous a beaucoup occupées : comment transposer une œuvre sur une assiette sans la trahir ? Faire repeindre chaque motif à la main aurait effacé le geste de Faustine. Avec nos céramistes, nous avons donc mis au point une technique qui conserve chaque détail de son trait et de son coup de pinceau.
De la pièce unique au multiple
Faustine ne crée que des pièces uniques. Avec cette collection, ses dessins se multiplient et entrent dans des foyers différents. Ils ne sont plus seulement regardés : on s’en sert, on les tache, on les rince. Une autre façon de vivre avec une œuvre. Pour elle, la frontière entre art et artisanat a toujours été fine : elle sculpte, fait de la poterie, a créé des vases siciliens faits pour servir. C’est aussi notre façon de voir les choses. Mettre la table, se passer les plats, dresser les assiettes : il y a toute une gestuelle autour du repas. Les femmes de Faustine ont leurs propres gestes, intimes et libres. Les réunir autour d’un même repas nous semblait juste. Pensée comme un ensemble ouvert, Nus Bleus joue sur des motifs et des nuances qui se répondent sans jamais être tout à fait identiques. Les pièces se collectionnent, se mélangent et s’accumulent pour composer, à chaque fois, un nouveau tableau. Une rencontre entre l’univers sensible et spontané de Faustine Badrichani et celui de Céladon, avec une même envie : faire vivre l’art à table et créer des céramiques à partager.